Les états de peur et les états phobiques : la phobie Comportementaliste animalier

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Publié le 12 avril 2018 à 12:09 par Vox Animalis | Dans Chiens, Psychologie

La phobie est une réaction émotionnelle pathologique qui se définit comme une crainte persistante envers une situation, un objet ou une personne.

C’est une peur excessive disproportionnée par rapport au stimulus, le sujet ne peut la dominer ou la maîtriser.

La phobie ne permet pas de quiétude lorsque le stimulus disparaît, la réaction émotionnelle sera persistante.

Les peurs et les phobies ont 3 origines :

  • Le bagage héréditaire n’est pas réellement prouvé par la science même si certaines races sont plus ou moins peureuses.
  • La méfiance a surtout été cultivée chez le chien afin d’obtenir des races naturellement peureuses dans le but de faire travailler l’animal dans la garde et la protection des troupeaux, des individus et de leurs biens.
  • L’influence maternelle a beaucoup d’impact sur le développement du comportement émotionnel du chiot.

L’apprentissage de cette peur ou de cette phobie commence in utero car le fœtus vit et subit les émotions maternelles et réussit déjà à associer l’émotion au stimulus.

Puis par mimétisme le chiot aura les mêmes comportements d’évitements de sa mère.

Ces réactions émotionnelles conditionnées s’installent rapidement et sont difficiles à faire disparaître.

L’expérience précoce

La peur vis-à-vis d’un prédateur est innée, le chiot a des réactions de peurs face à une situation nouvelle (néophobie), mais si cette expérience a été négative ou douloureuse après la période de socialisation du 21eme jour à 3 mois, elle pourra provoquer plus tard des réactions de peurs ou d’agressivité envers ce même type de stimulus, au même titre que si le chien n’a subi aucune socialisation à un type humain comme un bébé ou un enfant il ne sera pas capable d’interagir avec lui correctement et adoptera donc un comportement d’agressivité ou de fuite. Les plus grands changements ont lieu lors de la période de socialisation, même si la socialisation, la familiarisation et les autres processus du développement comportemental se poursuivent au cours de la période juvénile et même tout au long de la vie de l’animal (Scott et Fuller, 1965).

Il est donc préférable de présenter le chiot et les différents types humains (handicapés, enfants, bébés, couleurs de peaux différentes…) avant la 14eme semaine.

Le chien qui présentera cette phobie devra apprendre par socialisation secondaire à entrer en communication avec ce type humain.

C’est un processus lent et plus difficile à guérir qu’une phobie liée à un traumatisme.

Si le chien a malgré tout été en contact avec différent types humains, il pourra par généralisation et si l’expérience n’a pas été douloureuse intégrer ce nouveau type humain par ressemblance à d’autres types connus.

La peur est une réaction normale, la phobie est une peur irrationnelle, démesurée déclenchée par une circonstance sans danger, c’est cet aspect de danger irréel qui permet de distinguer la peur de la phobie.

Les phobies sont classées en 2 groupes :

1) Les phobies post traumatiques qui résultent d’une aversion apprises lors d’un événement traumatisant unique et très violent ou d’un événement répétitif et moins violent, par exemple la mauvaise expérience de la 1ere visite chez le vétérinaire, l’expérience de la 1ere piqure, le 1er voyage en voiture et les nausées qui l’accompagnent.

2) les phobies ontogéniques qui résultent d’un seuil de tolérances trop bas face aux différents stimulis de l’environnement.

Le chien n’a pas pu assimiler ces situations pendant la période sensible de son développement comportemental, le seuil de son homéostasie sensorielle est bien trop bas et ne lui permet pas d’adapter ces comportements face à ces stimulis.

La phobie ontogénique constitue le stade 1 du syndrome de privation sensoriel (kennel syndrome ou maladie du chenil).

Les phobies évoluent en 3 stades :

1. La phobie simple qui provoque des réactions d’évitement modérées, s’en suit l’exploration puis un retour rapide à un comportement normal.

2. la généralisation

La peur a formé une trace sensorielle de l’événement désagréable dans le cerveau du chien, le ressenti éprouvé est mémorisé et se manifeste à l’identique à chaque fois en se renforçant.

C’est un processus de tunélisation de la perception, un schéma de danger stocké dans sa mémoire.

3. stade pré-anxieux

Les états de panique sont déclenchés par des stimuli de plus en plus faibles et peuvent durer plusieurs heures, le chien ne sortant plus de sa cache.

C’est l’évolution de la généralisation si une thérapie n’est pas mise en place à ce stade, c’est l’apogée du stade précédent. Les états de panique sont déclenchés par des stimuli de plus en plus faibles et peuvent durer plusieurs heures même si les stimulis phobogènes ont disparu.

Il faut impérativement mettre en place une thérapie et éventuellement se faire aider par une chimiothérapie qui aura pour but de minimiser les effets des stimuli et diminuer les réactions émotionnelles.

La chimiothérapie ne devra pas être sédative car le chien doit pouvoir acquérir de nouveaux apprentissages.

En plus des manifestations organiques de l’anxiété, les activités de substitutions (boulimie et léchage) apparaissent. Ce stade est de courte durée et finit par laisser place à un état d’anxiété intermittente puis permanente.

Les réactions de peur et les réactions phobiques peuvent être évaluées grâce à la grille ETEC regroupées en deux parties, une comportementale et une somatique. Elle est construite autour les paramètres comportementaux modifiés par des troubles de l affectivité.

Parmi les rubriques comportementales 4 sont liées aux comportements centripètes (alimentaires, dipsiques, somesthésiques, sommeil) et 4 sont liés aux comportements centrifuges (exploratoires, agression, apprentissages sociaux, apprentissages spécifiques).

La partie somatique comprend 8 signes, 4 en lien avec les modifications organiques dues à l’altération émotionnelles (tachycardie, diarrhée, dyspepsie, mictions émotionnelles), 3 liés à d’éventuelles altérations secondaires à un trouble comportemental et un correspond à l’absence de signes. Plus la note est élevée plus le pronostic est négatif.

Diverses thérapies comportementales seront possibles et systématiquement mises en place pour limiter les états de peurs et traiter les états phobiques.

Le propriétaire devra aussi être éduqué afin d’éviter tous renforcements.

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